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Vitrophanie et réaction au feu : quels documents demander ?

La réaction au feu d'une vitrophanie se prouve par des documents du fabricant du film : sa fiche technique et le procès-verbal de classement de réaction au feu du produit exact, avec ses conditions d'essai. Ces pièces se transmettent à votre bureau de contrôle ou à votre chargé de sécurité, qui dit si elles répondent aux exigences de votre bâtiment.

Rédigé par le studio Vitrophanie Bureau (Paristic, groupe SORA). Mis à jour le . Lecture : 6 min.

Réaction au feu, résistance au feu : deux notions différentes

La réaction au feu décrit la façon dont un matériau participe à un incendie : s'il s'enflamme, s'il propage la flamme, s'il dégage des fumées, s'il produit des gouttes enflammées. La résistance au feu, elle, décrit le temps pendant lequel un élément de construction (une porte, une cloison) continue de jouer son rôle pendant un incendie.

Un film de vitrophanie est concerné par la première notion : c'est un matériau mince ajouté sur un vitrage. Il ne donne ni n'enlève de résistance au feu à une cloison. Si votre cloison vitrée est une paroi coupe-feu, toute intervention sur elle, film compris, se discute d'abord avec le bureau de contrôle et le fabricant de la cloison. Pour le reste du projet, voyez notre page vitrophanie de cloison vitrée.

M1, B-s1, d0 : deux systèmes de classement

L'arrêté du 21 novembre 2002, relatif à la réaction au feu des produits de construction et d'aménagement, fixe les méthodes d'essais et les catégories de classement. Il classe les produits de construction selon un système européen (annexe 1), les matériaux d'aménagement selon le système français (annexe 2), et donne en annexe 4 les correspondances utilisées pour appliquer les règlements de sécurité.

Le système européen s'exprime en classes A1, A2, B, C, D, E et F, complétées par une indication sur les fumées (s1, s2, s3) et sur les gouttelettes enflammées (d0, d1, d2). Le système français s'exprime en classes M0 à M4. C'est pourquoi on voit, sur les fiches de films, des mentions comme « M1 » ou une euroclasse suivie de « s » et « d ». La requête « vitrophanie M1 » renvoie à ce classement français.

Ce qui compte pour vous : une classe n'a de valeur que si elle est prouvée par un document du fabricant pour le produit exact, et si elle correspond à ce que votre bâtiment exige. Nous ne citons jamais une classe de réaction au feu sans la fiche ou le procès-verbal qui l'établit.

Les pièces à demander au fabricant du film

Demandez-les avant la commande, pour chaque référence de film prévue au projet (un film dépoli, un film imprimé et un film de protection sont trois produits différents).

PièceCe qu'elle doit indiquerCe qu'il faut vérifier
Fiche technique du filmNom commercial et référence exacte, composition, épaisseur, adhésif, usages prévusQue la référence est bien celle qui sera posée
Procès-verbal de classement de réaction au feuClasse obtenue, produit testé, laboratoire, dateQue le produit testé correspond au film et, le cas échéant, à l'encre ou au laminage prévus
Conditions d'essaiSupport et mode de pose retenus pour l'essaiQu'elles correspondent à votre pose (film sur verre, face intérieure)
ValiditéDate du document et, s'il y en a une, date de fin de validitéQue le document est en cours au moment du chantier
Notice de pose et d'entretienConditions de pose, produits de nettoyage admisQue la pose prévue respecte la notice

Qui fixe l'exigence pour votre bâtiment

Les exigences de réaction au feu dépendent du type de bâtiment (établissement recevant du public, immeuble de grande hauteur, lieu de travail sans public), de l'emplacement du matériau (circulation, escalier, local) et parfois de la surface traitée. Elles ne se déduisent pas d'une règle générale valable pour toutes les vitrophanies.

C'est donc votre bureau de contrôle, votre chargé de sécurité ou, dans une tour, le service de sécurité de l'immeuble qui dit ce qui est exigé. Si vous ne savez pas si vos locaux reçoivent du public, commencez par bureaux, ERP ou les deux ; pour les tours, voyez vitrophanie dans une tour de bureaux.

Le dossier à remettre au bureau de contrôle

Un bureau de contrôle répond d'autant plus vite que la question est complète. Pour un projet de vitrophanie, le dossier tient en quelques pages.

  • Un plan repérant les vitrages traités, avec la zone de chaque vitrage (circulation, salle, accueil).
  • Pour chaque vitrage, la référence du film posé et la surface approximative couverte.
  • La fiche technique et le procès-verbal de classement de réaction au feu de chaque référence.
  • La maquette ou le bon à tirer, qui montre la part du vitrage réellement couverte.
  • Après la pose, des photos et la confirmation des références effectivement posées.

Les questions à poser à votre prestataire

Quel est le fabricant et la référence exacte de chaque film ? Pouvez-vous fournir la fiche et le procès-verbal avant la commande ? Le film imprimé est-il laminé, et le classement couvre-t-il l'ensemble ? Si les références changent en cours de projet (rupture, variante de couleur), comment en suis-je informé ?

Un point souvent négligé : un décor imprimé associe plusieurs couches (film support, encres, parfois un laminat de protection). Le document du fabricant doit porter sur ce qui sera réellement posé, ou le fabricant doit indiquer que son classement couvre cet assemblage. En cas de doute, c'est encore au bureau de contrôle de dire si les pièces suffisent.

Un prestataire sérieux répond par des documents. Méfiez-vous d'une mention « M1 » ou « classé feu » sur un devis sans pièce jointe : elle ne vous sera d'aucun secours devant un contrôleur.

Vous êtes services généraux, architecte ou RSE

La même exigence, trois façons de la porter.

  • Services généraux : demandez les pièces dans la consultation et faites-les figurer dans le cahier des charges ; c'est plus simple que de les réclamer après la pose.
  • Architecte d'intérieur : inscrivez l'exigence de réaction au feu dans vos pièces écrites, zone par zone, après échange avec le bureau de contrôle ; le fabricant de films et le poseur s'y conformeront.
  • RSE, QHSE : archivez les pièces avec le plan des vitrages. Elles resservent lors d'un audit, d'un changement de locataire ou d'une nouvelle intervention.

Questions fréquentes

Une vitrophanie doit-elle être classée M1 ?

Cela dépend de votre bâtiment et de l'emplacement des vitrages ; il n'y a pas de règle unique pour toutes les vitrophanies. Votre bureau de contrôle ou votre chargé de sécurité fixe l'exigence, et le fabricant du film prouve la classe par un procès-verbal.

Quelle différence entre M1 et une euroclasse ?

Ce sont deux systèmes de classement de la réaction au feu : le système français en classes M0 à M4, et le système européen en classes A1 à F complétées par des indications sur les fumées et les gouttelettes. L'arrêté du 21 novembre 2002 fixe les deux et leurs correspondances.

Quels documents demander pour un film de vitrophanie ?

La fiche technique du film, le procès-verbal de classement de réaction au feu du produit exact, les conditions d'essai et la notice de pose. Transmettez-les à votre bureau de contrôle.

Un film posé sur une cloison coupe-feu est-il permis ?

C'est à voir avec le bureau de contrôle et le fabricant de la cloison avant toute pose. Un film de vitrophanie ne modifie pas la résistance au feu annoncée de la cloison, mais l'intervention sur une paroi coupe-feu se valide au préalable.

Pouvez-vous fournir les fiches de vos films ?

Oui, nous transmettons sur demande les fiches et documents des fabricants pour les films proposés. Nous n'annonçons aucune classe de réaction au feu sans ces documents.

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