Relevé de cloisons vitrées : élévations et nomenclature pour un DCE
Un relevé de cloisons exploitable pour un DCE de vitrophanie repose sur trois pièces : une nomenclature qui donne un repère unique à chaque vitrage (C1, C2, P1…), des élévations cotées au verre visible avec la face de pose indiquée, et un tableau qui dit, pour chaque repère, le film et le motif attendus. Avec ces trois pièces, toutes les entreprises chiffrent le même projet.
Rédigé par le studio Vitrophanie Bureau (Paristic, groupe SORA). Mis à jour le . Lecture : 7 min.
Pourquoi un relevé de vitrophanie n'est pas un métré de cloisons
Le métré d'un cloisonniste compte des modules et des mètres linéaires. Un fabricant de vitrophanie a besoin d'autre chose : la surface de verre réellement visible, vitrage par vitrage, la face sur laquelle le film sera posé, et la façon dont le motif doit passer d'un vitrage à l'autre. Un DCE qui ne donne que la longueur des cloisons laisse chaque entreprise interpréter, et les offres deviennent incomparables.
Ce guide s'adresse aux architectes d'intérieur, space planners et services généraux qui préparent le dossier de consultation. Pour la mesure d'une vitre isolée, le guide Les Vitrophanes mesurer sa vitre suffit ; ici, il s'agit d'organiser un projet de dizaines ou de centaines de vitrages.
La nomenclature : un repère unique par vitrage
La nomenclature est la liste codée de tous les vitrages du projet. Chaque vitrage reçoit un repère qui ne change plus, utilisé sur les plans, dans le devis, sur le bon à tirer, sur l'étiquette du film à la fabrication et au moment de la réception.
- Un préfixe par type : C pour un vitrage de cloison fixe, P pour une porte, I pour une imposte, A pour un vitrage sur allège, F pour une fenêtre extérieure.
- Un numéro par étage ou par zone : R+3 C01 à C48, par exemple, dans le sens de la circulation.
- Un repère par vitrage, pas par module : un module de cloison avec une imposte et un vitrage bas compte deux repères.
- Les vitrages sans film aussi : les numéroter évite qu'une entreprise les oublie ou les ajoute.
- Un repère figé : si un vitrage est supprimé, son numéro n'est pas réattribué.
Les élévations : coter au verre visible
Le verre visible, ou clair de vitrage, est la partie du verre que l'on voit entre les profils, parcloses ou joints. C'est la cote qui compte pour le film, pas la cote du module ni celle du vitrage complet engagé dans le profil. Sur une cloison bord à bord, sans montant, le verre visible s'arrête au joint entre deux vitrages.
Chaque élévation représente une face de cloison, vue depuis un côté identifié (couloir, salle, circulation A…). Elle porte le repère de chaque vitrage, sa largeur et sa hauteur au verre visible, la hauteur du bas du verre par rapport au sol fini et la position des éléments qui interrompent la surface : poignées, serrures, bâtons de maréchal, capteurs, stores intégrés.
| Information | Pourquoi elle compte | Où la noter |
|---|---|---|
| Largeur et hauteur au verre visible | Dimension de fabrication du film | Élévation, cote par vitrage |
| Hauteur du bas du verre / sol fini | Positionner une bande ou un dégradé à la bonne hauteur | Élévation, cote verticale |
| Face de pose | Sens de lecture, accès, protection du film | Élévation, symbole ou mention « côté couloir » |
| Type de verre | Compatibilité du film (feuilleté, trempé, double vitrage) | Nomenclature, colonne dédiée |
| Obstacles sur le verre | Découpes et réserves | Élévation, cote de position |
| Accès | Hauteur de travail, échafaudage ou nacelle | Nomenclature ou note générale |
La face de pose : une décision à prendre sur plan
La face de pose est le côté du vitrage sur lequel le film est collé. Elle change le sens de lecture d'un texte, l'exposition du film aux chocs et au nettoyage, et parfois la faisabilité : sur un double vitrage de cloison, seules les faces extérieures sont accessibles.
La règle habituelle est de poser côté intérieur de la salle quand c'est possible, pour protéger le film des chariots et des frottements du couloir. Mais un nom de salle qui doit se lire depuis le couloir, posé côté salle, doit être fabriqué en miroir. Indiquez la face sur chaque élévation ; le studio en déduit le sens de fabrication. Le sujet est détaillé dans notre guide de signalétique des salles de réunion.
Raccords de motif : dessiner la continuité
Un raccord de motif est la manière dont un décor passe d'un vitrage au suivant. Sur une cloison bord à bord, un dégradé ou un paysage continu doit s'aligner d'un vitrage à l'autre malgré le joint ; sur une cloison à montants, le motif peut soit s'interrompre au montant, soit se poursuivre comme si le montant n'existait pas.
Ces choix se dessinent sur une élévation développée, qui met bout à bout tous les vitrages d'une même face. Sur un projet de bureaux à La Défense, certaines montagnes graphiques posées par Paristic franchissent le joint entre deux vitrages : c'est l'élévation développée qui permet de vérifier, avant fabrication, que les deux moitiés se rejoignent. Sur une autre cloison, à montants noirs, une vague de fines lignes en film dépoli traverse plusieurs vitrages : chaque ligne doit reprendre exactement de l'autre côté du montant, ce qui ne se règle que sur l'élévation développée. Indiquez aussi la hauteur de référence du motif (par exemple le haut d'une bande dépolie) commune à tout un étage. Voir la page vitrophanie pour cloison vitrée.
Le tableau de nomenclature
Le tableau de nomenclature réunit, sur une ligne par repère, tout ce qu'une entreprise doit savoir pour chiffrer. C'est la pièce qui rend les offres comparables. Il peut être fourni en tableur, pour faciliter la reprise dans les devis.
- Repère, étage, zone, pièce.
- Largeur et hauteur au verre visible, quantité.
- Type de verre et face de pose.
- Film prévu (dépoli, coloré, imprimé, opaque, sans tain…) et couverture (intégrale, bande, dégradé, motif).
- Référence du motif ou de la planche graphique.
- Hauteur de référence du motif par rapport au sol fini.
- Contraintes d'accès et observations (store, capteur, porte à ferme-porte).
- Dépose d'un film existant : oui ou non.
Formats de fichiers à joindre
Les fichiers du DCE servent à deux publics : les entreprises qui chiffrent, et le studio qui produira les fichiers de fabrication. Joignez les deux niveaux.
| Pièce | Format conseillé | Usage |
|---|---|---|
| Plans et élévations | PDF vectoriel et DWG ou DXF | Lecture, chiffrage, reprise des cotes |
| Tableau de nomenclature | Tableur (XLSX, CSV) et PDF | Chiffrage ligne à ligne, suivi |
| Motifs et logos | Fichiers vectoriels (AI, EPS, SVG ou PDF vectoriel) | Découpe et impression |
| Visuels photographiques | Images en haute définition, à l'échelle | Impression grand format |
| Références couleur | Références Pantone ou nuancier du fabricant de film | Validation sur échantillon |
| Photos de l'existant | JPEG, repérées par numéro de vitrage | Contrôle des obstacles et de l'accès |
Du relevé de conception au relevé d'exécution
Les cotes d'un DCE sont souvent issues des plans, parfois avant la pose des cloisons. Elles suffisent pour chiffrer, pas pour fabriquer. Prévoyez dans le dossier un relevé contradictoire sur site par l'entreprise retenue, avant le bon à tirer : c'est lui qui fait foi pour la fabrication. Les écarts entre plan et réalité, fréquents sur les cloisons posées, sont ainsi réglés avant la production et non à la pose.
Pour la suite du dossier, voyez notre modèle de cahier des charges vitrophanie et, pour un marché public, la structure d'un CCTP de vitrophanie.
Vous êtes architecte ou services généraux
Architecte d'intérieur ou space planner : vos élévations et votre dessin restent la référence ; le studio les transforme en fichiers de fabrication sans les modifier, et soumet le bon à tirer, vitrage par vitrage. Services généraux : si vous n'avez pas de plans à jour, des photos numérotées et des cotes approximatives suffisent pour une première proposition, le relevé précis étant fait sur site. Dans les deux cas, la conception de vitrophanie commence par ce relevé.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le verre visible ?
C'est la partie du verre que l'on voit entre les profils, parcloses ou joints d'une cloison. C'est la cote qui sert à fabriquer le film, et non la dimension du module ou du vitrage complet engagé dans son profil.
Comment numéroter les vitrages d'un projet de vitrophanie ?
Avec un repère unique par vitrage, composé d'un préfixe par type (C pour cloison, P pour porte, I pour imposte) et d'un numéro par étage ou par zone. Ce repère est utilisé sur les plans, le devis, le bon à tirer et à la réception.
Quels fichiers fournir pour un motif de vitrophanie ?
Des fichiers vectoriels (AI, EPS, SVG ou PDF vectoriel) pour les motifs et logos, des images en haute définition à l'échelle pour les visuels photographiques, et les références couleur. Les plans se joignent en PDF vectoriel et en DWG ou DXF.
Les cotes du DCE suffisent-elles pour fabriquer ?
Non, elles suffisent pour chiffrer. Un relevé contradictoire sur site par l'entreprise retenue, avant le bon à tirer, sert de référence pour la fabrication.
Comment indiquer la face de pose sur les plans ?
Sur chaque élévation, en précisant le côté depuis lequel elle est vue et la face qui reçoit le film (côté salle ou côté couloir). Cette information détermine aussi le sens de fabrication des textes.