Flex office : se repérer entre des cloisons vitrées
Dans un flex office, personne n'a de bureau attitré et toutes les cloisons vitrées se ressemblent : la vitrophanie donne à chaque zone une couleur, à chaque type d'espace un motif et à chaque salle un nom lisible de loin. Ce système de repères se conçoit comme une signalétique, se pose comme un décor, et remplit au passage l'obligation de rendre les parois vitrées visibles.
Rédigé par le studio Vitrophanie Bureau (Paristic, groupe SORA). Mis à jour le . Lecture : 6 min.
Pourquoi on se perd dans un flex office
Le flex office supprime le repère le plus simple d'un bureau : sa place. Chaque matin, un collaborateur doit trouver une zone, un poste, une salle ; un visiteur doit trouver la réunion à laquelle il est convié. Or les aménagements récents multiplient les cloisons vitrées identiques, les salles de même taille, les couloirs sans fin visuelle. Tout est lumineux, et tout se ressemble.
Le wayfinding, ou signalétique d'orientation, désigne l'ensemble des indices qui permettent de savoir où l'on est et où aller : couleurs, formes, noms, pictogrammes, plans. Sur un plateau vitré, le support le plus disponible pour ces indices, c'est le verre lui-même. C'est tout l'intérêt d'une vitrophanie d'open space pensée comme un système plutôt que comme une suite de décors.
Trois niveaux de repères, du plus loin au plus près
Un bon système de repères répond à trois questions, dans l'ordre où on se les pose en marchant.
- Où suis-je ? Le repère de zone, visible de loin : une couleur ou une famille de motifs par quartier, par étage ou par équipe. Il se lit en arrivant sur le plateau, sans lire un mot.
- Qu'est-ce que c'est ? Le repère de fonction : un motif propre aux salles de réunion, un autre aux bulles et phone box, un troisième aux espaces calmes. Il dit ce qu'on peut faire derrière la paroi.
- Est-ce bien ici ? Le repère d'identification : le nom ou le numéro de la salle, lisible à quelques pas de la porte, cohérent avec le plan et le système de réservation.
Coder les zones par la couleur
La couleur est le repère qui se perçoit le plus vite et de plus loin. Attribuer une couleur par zone ou par étage permet de dire « je suis au bleu » ou « rendez-vous au vert », et de retrouver sa zone sans chercher. Sur le verre, la couleur peut prendre la forme d'aplats translucides, de bandes, de motifs géométriques ou d'un dégradé, comme sur nos réalisations de vitrophanie dégradée.
Trois précautions. Limitez le nombre de couleurs à ce que l'on peut nommer sans hésiter. Ne faites pas reposer l'information sur la couleur seule : doublez-la d'un nom de zone ou d'un pictogramme, pour les personnes qui distinguent mal certaines teintes. Et vérifiez le rendu à contre-jour : une couleur translucide change d'aspect selon la lumière qui la traverse, ce que la maquette sur photo permet d'anticiper.
Coder les usages par le motif
Au sein d'une même zone, le motif distingue les types d'espaces. Le tableau donne une grille de départ, à adapter à votre charte.
| Type d'espace | Besoin de confidentialité | Repère proposé sur le verre |
|---|---|---|
| Salle de réunion | Moyen à fort | Bande dépolie à motif, nom de la salle bien visible |
| Bulle, phone box | Fort à hauteur des visages | Bande dense et motif propre aux espaces d'appel |
| Espace calme, concentration | Moyen | Motif léger, couleur apaisée, pictogramme « silence » |
| Espace collaboratif ouvert | Faible | Marquage de vigilance décoratif, couleur de zone |
| Bureau de direction ou RH | Fort | Dépoli plus couvrant, sobre, sans signe distinctif fort |
Nommer les salles : un système, pas une liste
Un nom de salle sert à la fois à s'orienter, à réserver et à se donner rendez-vous. Il doit donc être le même sur le verre, sur le plan affiché, dans l'outil de réservation et dans les invitations. Deux logiques fonctionnent : les noms thématiques (villes, sommets, personnalités), faciles à retenir et porteurs d'identité, et les codes (étage, zone, numéro), plus neutres mais qui disent où se trouve la salle. Beaucoup d'entreprises combinent les deux : « Everest, 4B ».
Sur le vitrage, le nom se place là où le regard le cherche, près de la porte, à une hauteur lisible debout, avec un contraste franc par rapport à ce qu'on voit derrière. La question de la cohérence avec les écrans de réservation et le service informatique est détaillée dans signalétique des salles de réunion sur vitrage.
Un repère qui signale aussi le verre
Le Code du travail prévoit que les parois transparentes ou translucides soient signalées par un marquage à hauteur de vue (article R4214-6). Dans un flex office très vitré, c'est un vrai sujet : on se déplace beaucoup, souvent le regard sur son téléphone. Un système de repères bien placé remplit les deux fonctions à la fois : il oriente et il rend la paroi visible. Les hauteurs se choisissent avec cette double exigence en tête ; les repères couramment cités sont présentés dans vitrophanie et Code du travail.
Un système qui suit les réorganisations
Un flex office bouge : une équipe grandit, une zone change d'usage, une salle devient un espace calme. La vitrophanie suit ces changements sans travaux : on dépose le film d'une salle et on pose celui de sa nouvelle fonction, dans le même langage graphique. Conservez les fichiers et la grille de codes : ils permettent de refaire un élément à l'identique, ou d'en ajouter un, des mois plus tard.
C'est un argument à faire valoir auprès de la direction immobilière : le système de repères est un actif qui se maintient, pas un décor qu'on refait de zéro à chaque changement. Les espaces d'appel ont leurs propres contraintes, traitées dans phone box et bulles vitrées.
Vous êtes workplace, communication ou architecte
Chacun apporte une pièce du système.
- Services généraux, workplace : partez du plan des usages et des noms de salles de l'outil de réservation. C'est la matière première du système ; le graphisme vient ensuite.
- Marketing, communication : la grille de couleurs et de motifs peut dériver de la charte sans la copier. Le studio propose des déclinaisons et valide avec vous la lisibilité sur verre avant le bon à tirer ; pour la charte elle-même, voyez la vitrophanie avec logo d'entreprise.
- Architecte d'intérieur, space planner : intégrez les repères dans les élévations des cloisons dès la conception ; ils s'alignent alors sur les montants, les portes et les hauteurs de mobilier au lieu de les contrarier.
Questions fréquentes
Comment aider les collaborateurs à se repérer dans un flex office ?
En donnant à chaque zone une couleur, à chaque type d'espace un motif et à chaque salle un nom lisible, cohérent avec le plan et l'outil de réservation. Sur un plateau vitré, la vitrophanie porte ces repères directement sur les cloisons.
Faut-il des couleurs différentes par étage ?
C'est une solution simple et efficace, à condition de limiter le nombre de couleurs et de les doubler d'un nom ou d'un pictogramme, pour les personnes qui distinguent mal certaines teintes.
Comment choisir les noms des salles de réunion ?
Choisissez un système : noms thématiques faciles à retenir, codes qui indiquent l'emplacement, ou les deux. L'essentiel est que le nom soit identique sur le verre, le plan et l'outil de réservation.
La signalétique vitrée peut-elle servir de marquage de sécurité ?
Oui, si elle est placée à hauteur de vue et suffisamment visible : elle signale alors la paroi transparente, comme le prévoit l'article R4214-6 du Code du travail, tout en orientant les occupants.
Que faire quand l'aménagement change ?
On dépose le film de l'espace concerné et on pose celui de sa nouvelle fonction, dans le même langage graphique. Conserver les fichiers et la grille de codes permet de refaire un élément à l'identique.